Proposition 1

La Fédération demande que toutes les classes avec des enfants de moins de 6 ans et des enfants de plus de 6 ans (Exemple GS/CP ou école à classe unique de 3 à 10 ans) obtiennent dès maintenant une dérogation pour cette mesure, conformément aux recommandations de l’OMS, qui préconisent :

« L’âge limite pour le port d’un masque doit être adapté à l’environnement social ou scolaire afin d’éviter de stigmatiser et d’entraîner la désaffection des enfants dans les groupes composés d’âges différents où certains enfants sont en dessous de la limite d’âge recommandée et d’autres, au-dessus. Dans les cas où des enfants plus âgés pour lesquels les masques sont conseillés sont dans la même classe que des enfants plus jeunes qui sont en dessous de la limite d’âge recommandée pour le port du masque, les élèves plus âgés peuvent être dispensés de porter un masque. »

En outre, l’efficacité épidémiologique et sanitaire de masquer quelques enfants dans une classe où la majorité des enfants ne sont pas masqués est très discutable, alors que l’impact psychologique sur des “petits” ne peut être négligé. Donc la balance bénéfices/risque n’est pas favorable.

Nous attirons également votre attention que dans de telles configurations, certains enfants de 5 ans et moins ont manifesté ces dernières semaines des difficultés d’endormissement, des cauchemars, une timidité accrue et des difficultés à s’exprimer en présence d’enfants masqués. Donc c’est là une situation qui n’a rien d’anodin, et dont les impacts psychologiques et développementaux sont profonds, et aujourd’hui amplement amplement minimisés par les autorités. Aussi, nous rappelons ici 3 principes directeurs fondamentaux énoncés par l’OMS dans le même document :

  • Ne pas nuire : l’intérêt supérieur de l’enfant, sa santé et son bien-doivent être au cœur des préoccupations.
  • Les orientations ne doivent pas avoir d’incidences négatives sur le développement et les résultats de l’apprentissage.
  • Les orientations doivent tenir compte de la possibilité ou non de mettre en œuvre les recommandations dans différents environnements sociaux

Depuis un mois, les services départementaux de l’Inspection Académique ont débouté systématiquement plusieurs de nos demandes appelant à assouplir la mesure dans une telle configuration. Récemment, une telle demande a été rejetée pour une classe où seuls 4 enfants de 6 ans doivent porter le masque et 12 enfants de 5 ans et moins ne le portent pas. Quel adulte sain d’esprit peut croire à l’efficacité sanitaire d’une telle mesure dans une telle configuration ? Le propre de l’intelligence humaine n’est -il pas de faire preuve de discernement pour évaluer dans chaque situation spécifique la pertinence ou non de mettre en œuvre une certaine règle générale ? Jusqu’à quand et jusqu’à quel point laisserons-nous l’application mécanique et irraisonnée de certaines normes dégrader les conditions de vie de nos enfants ?

Nous renouvelons ici notre appel à faire preuve de souplesse dans l’application de cette mesure en prenant en compte les spécificités de chaque situation. Il est certain que les autorités départementales n’ont pas le pouvoir de modifier substantiellement les normes dont nous parlons ici, dont l’édiction se fait au niveau national. Mais il nous semble par contre que c’est précisément la responsabilité des fonctionnaires locaux d’en faire une application raisonnée sur le terrain. Et c’est sur ce dysfonctionnement majeur que nous attirons aujourd’hui l’attention des autorités départementales.

Proposition 2

La Fédération demande que l’obligation de port du masque ne soit jamais appliquée durant les séances d’Education Physique et Sportive.

Comme le stipule le « Guide relatif au fonctionnement des écoles et des établissements scolaires dans le contexte COVID-19 » de Novembre 2020, en page 5 du guide dans la note n°2 de bas de page : « Bien entendu, le port du masque n’est pas obligatoire lorsqu’il est incompatible avec l’activité (prise de repas, nuit en internat, pratiques sportives, ect.).

En outre, la pratique sportive avec un masque est notoirement dangereux, pour les enfants comme pour les adultes (mauvaise oxygénation, risque de malaise, etc)

Proposition 3

La Fédération demande que l’obligation de port du masque ne soit jamais appliquée dans la cour de récréation, ni durant les créneaux d’école en extérieur:

  • la ventilation en extérieur est excellente
  • en récréation, les enfants sont quasi-constamment en situation d’effort physique
  • ces pauses récréatives constituent une opportunité précieuse pour les enfants de se ré-oxygéner

Proposition 4

La Fédération demande que tout enfant possédant un certificat médical attestant qu’il est sujet à des crises d’asthmes, de l’eczéma au visage, des maux de tête ou autres pathologie mentionnée dans l’annexe 6.3 soit automatiquement dispensé de port du masque

Car dans de tels cas, la balance bénéfice / risque n’est évidemment pas favorable

Proposition 5

La Fédération demande que chaque enfant ou adulte puisse baisser son masque durant la prise de parole en classe, en maintenant une distanciation physique suffisante

  • pour accompagner les apprentissages les enfants doivent pouvoir lire les expressions des visages qui les entourent
  • pour un enfant, gérer un masque entraîne une contrainte supplémentaire puisant dans des ses ressources attentionnelles.
  • une voix filtrée par le masque entrave la communication

-Il a été constaté chez de nombreux enfants un surcroit de timidité, une réticence à parler et des difficultés d’expression, en lien avec l’obligation du port du masque

Proposition 6

La Fédération demande que les enfants portant des lunettes puissent être dispensés de port du masque

– Les lunettes des enfants portant un masque sont constamment embuées, ce qui constitue un inconfort permanent et une distraction attentionnelle notoire, qui entrave le processus d’apprentissage de l’enfant, et induit un risque accru de conjonctivite.

– Il a même été constaté que dans certains cas, des enfants ne portent plus leurs lunettes assidûment depuis la mise en place de l’obligation du masque.

Proposition 7

La Fédération demande que les parents qui souhaitent instruire temporairement leurs enfants à la maison, sans passer en instruction en famille, puissent le faire sans subir aucune pression de l’Inspection Académique pour une prétendue “non-scolarisation”.

En effet, dans ce contexte extrêmement exceptionnel, l’obligation classique de scolarisation à l’école ne peut être maintenue car la situation sanitaire à l’école n’est pas satisfaisante.

En outre, la plupart des parents sous pression de l’Inspection Académique pour un prétendu « refus de scolarisation » sont le plus souvent des parents qui souhaiteraient ardemment pouvoir scolariser leur enfant, mais se retrouvent empêchés par les conditions de scolarisation proposées qu’il estiment inacceptables.

Proposition 8

La Fédération demande que soient mises en place des mesures avec des moyens concrets alloués aux écoles pour qu’elles puissent appliquer au mieux et de façon sensée le reste du protocole sanitaire, et être soulagées de la mise en place très difficile de mesures parfois contradictoires, et ceci en concertation avec le personnel scolaire, plutôt que de tout miser sur le masque des enfants, car ce n’est rien d’autre qu’un « cache-misère » qui dissimule l’absence de réelles mesures pour l’éducation et la santé :

mise à disposition de locaux plus grands si nécessaire. A noter qu’actuellement, des enseignants pensent que pour appliquer les règles sanitaires correctement, il convient de masquer les élèves pendant les activités sportives par manque de place, en contradiction totale avec ce qui est prescrit par le ministère

recrutement éventuel de personnel supplémentaire

Proposition 9

La Fédération demande que l’ensemble de la communauté éducative (personnel scolaire au sens large, parents et enfants) ainsi que les professionnels de santé et les professionnels de l’enfance soient associés dès maintenant à la prise de décision concernant les mesures sanitaires à l’école.

Cette mesure, dont l’impact est immense, ne semble avoir fait l’objet d’aucune concertation d’envergure. C’est un dysfonctionnement majeur, que la situation sanitaire ne suffit pas à justifier. Nous demandons donc que sa pertinence soit ré-examinée en concertation avec l’ensemble des acteurs susmentionnés.